En route vers le zéro-déchet féministe!!

Comme dit sur les réseaux sociaux, cette année je me fixe un défi par mois pour avancer et évoluer dans ma couture!! Pour le mois de Janvier, j’ai choisi « sous-vêtements pour tous »!!

L’article d’aujourd’hui se concentre sur mon 2e projet couture dans le cadre de ce défi: des culottes menstruelles pour moi!!!

Plusieurs patrons existent probablement, mais dans un objectif de limiter ma collection de patrons, et surtout de faire avec ceux que j’ai déjà, j’ai préféré modifier un patron que je possède. Je vous propose donc ici de partager avec vous ma méthode pour créer une culotte menstruelle à partir d’un patron de culotte classique!

Le principe de la culotte menstruelle est qu’il faut qu’elle soit:
imperméable, histoire de ne pas avoir de traces indésirables sur nos vêtements,
absorbante, pour que le flux de la journée soit entièrement contenu, histoire de ne pas avoir à en changer en pleine journée,
respirante, pour qu’il n’y ait pas d’odeur et qu’on n’ai pas la sensation d’humidité.

En gros, on met sa culotte et on n’y pense plus de la journée. Pour la laver, il suffit de la rincer à l’eau clair pour évacuer le sang, puis ensuite direct dans la machine avec le reste du linge à 30°C, et séchage à l’air. Attention, surtout pas de sèche-linge, ça abimerait le tissu imperméable!!!
Je pense cette option économique plus qu’écologique, mais dans tous les cas c’est toujours mieux de savoir ce qu’on porte au niveau de nos parties intimes plutôt que d’utiliser des produits du commerce bourrés de perturbateurs endocriniens et surtout non recyclables…
Economique, car la fabrication se fait avec peu de matière, donc on pioche facilement dans les chutes!! Je pense également que financièrement on s’y retrouve car tous les produits d’hygiène menstruelle ont un certain prix dans le commerce…
Pourquoi je ne pense pas qu’on puisse les qualifier d’écologique? Mon avis est plutôt basé sur les méthodes de fabrication des matières. En effet, le coté imperméable est obtenu par l’utilisation de PUL (PolyUréthane Laminé), qui est un tissu polyester avec un enduit synthétique. Sa fabrication nécessite donc l’utilisation de produits non naturels et est rarement respectueuse de l’environnement…. Pour le coté absorbant, plusieurs options sont possibles, comme le french terry épais, le zorb, ou l’éponge… Personnellement j’ai opté pour de l’éponge de bambou. Même si cette fibre est naturelle, une fois encore le procédé de fabrication lui n’est absolument pas respectueux de l’environnement.

Du coup, de mon avis, chacun fait comme il l’entend et suivant sa conscience pour ce qui est de son choix dans la gestion de ses menstruations! Moi j’ai opté pour la culotte menstruelle car au moins je la mets le matin et je n’ai plus à m’en soucier pendant la journée, et plus besoin d’acheter des protections remplies de produits indésirables. Petit bonus, maintenant pendant cette période je me donne le sourire en portant des culottes avec des tissus que j’affectionne, qui sont ultra agréables à porter et qui me font me sentir bien…

Alors, coté patron, j’ai fait simple, j’ai opté pour la culotte « Piper » du magasine La Maison Victor mars-avril 2019. L’avantage de ce magasine est qu’il propose des patrons de sous-vêtements pour toute la famille, ainsi que d’autres modèles. Dans ce même magasine j’ai réalisé mon polo préféré Caféine que je porte très souvent! La culotte piper a une forme assez enveloppante qui la rend confortable à souhait! La taille et les bords de cuisse sont finis avec un biais élastique, ou élastique pré-plié, ce qui donne une finition nette et un certain confort une fois la culotte portée. Coté taille, je me suis fiée au tableau de mesure et ai opté pour une taille 38, suivant mon tour de hanches. A la découpe cela m’a paru bien grand, mais en comparant avec une de mes culottes habituelle, cela semblait bon. Au final, taille parfaite!!

Pour passer du modèle classique au modèle menstruel, je n’ai découpé qu’une pièce de gousset dans mes jerseys. Pour la forme de mon « insert » absorbant, voici ma technique (aucun intérêt que je vous fasse un scan, cela n’est valable que pour la taille 38 d’une part, et suivant mes préférences d’autre part… alors autant vous donner ma méthode pour que vous adaptiez directement à votre cas! 😉 ). Tout d’abord, j’ai reporté les pièces du gousset, puis devant et derrière de la culotte, en alignant bien les bords, pour avoir la forme correspondant à la culotte une fois cousue. De là j’ai dessiné à main levée les limites de mon insert pour l’avant et l’arrière. Pour faciliter la couture, j’ai opté pour des tracés légèrement arrondis allant d’un coté à l’autre. Il faut garder en tête que le PUL est un tissu laminé, donc pas forcement des plus simple à travailler sous la machine…. donc plus la couture est sans trop d’arrondis et plus ce sera simple à assembler.

Pour ce qui est de l’insert, voici ce que j’ai fait: 1 couche de PUL (imperméable), 2 couches d’éponge de bambou (absorbant), et une couche de suédine (respirant et effet au sec). J’ai choisi ces tissus suite à mes recherches pour la conception de couches lavables pour mon fils, que je n’ai pas encore fait. D’autres tissus sont envisageables, notamment pour l’effet au sec, où il est plus souvent utilisé de la micropolaire par exemple. Moi j’ai choisi la suédine car il y en a chez Lulu la luciole et Rascol, alors que pour la micropolaire il fallait me créer un compte sur une boutique supplémentaire… (Perso, je préfère rester fidèle à 2-3 boutiques et limiter mes paiements sur internet….). Comme dit plus haut, la couche absorbante peut être adaptée, avec des matières plus ou moins absorbantes en fonction des besoins de chacune. Pour avoir testé en situation les culottes cousues, 2 couches d’éponge de bambou suffisent largement pour un flux moyen sur 12h. 😉

Pour le montage, j’ai d’abord assemblé le fond de culotte – devant, gousset et arrière – et mes inserts à part. J’ai ensuite positionné mon insert sur la culotte, tenu en place par des pinces sur les cotés, et collé en place à l’avant et à l’arrière avec de la colle temporaire. J’ai ensuite piqué les bords avant et arrière au point zig-zag élastique. Soyons clair, l’insert n’est pas élastique, mais j’ai préféré opté pour la sécurité de la couture comme mes culottes sont en jersey. J’ai ensuite assemblé les cotés des culottes à la surjeteuse et fini par poser les élastiques pré-pliés aux bordures, à l’aide de nombreuses pinces (+ colle temporaire au niveau de l’insert pour bien envelopper toute les épaisseurs aux entre-jambes ) et cousus au point zig-zag élastique. J’ai ajouté un petit noeud sur le devant, petit clin d’oeil à ma fille qui ne conçoit pas une culotte sans petit noeud! Au passage, petite astuce: je l’ai cousu à l’aide du pied de pose de bouton, beaucoup plus rapide que de le faire à la main!!! 😉

En bref, une couture simple, rapide et utile!! Je suis bien contente d’avoir sauté le pas de la culotte menstruelle. Une 3e culotte est d’ores et déjà en cours avec le même insert suite à mon test, et je projette d’en faire 3 autres avec seulement 1 couche de bambou pour un flux plus léger, dès que j’aurai de nouvelles chutes de jersey de taille suffisante!!!

Pour les tissus:
– le PUL et l’éponge de bambou proviennent de chez Rascol,
– les élastiques pré-pliés proviennent de chez Lulu la Luciole (le rose est extra!!!, maintenant il y a plein de choix!!)
– les jolis chutes de jersey proviennent de coupons achetés chez Lulu La Luciole déjà utilisés pour différents projets!

6 commentaires sur “En route vers le zéro-déchet féministe!!

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  1. Bonjour, merci pour le tuto, j en cherchais un depuis longtemps. j ai une petite question, j ai de la suedine chez moi mais ca m a pas l air tres respirant et j ai peur que le polaire soit chaud l ete. Y a t il different type de suedine? Merci d avance

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    1. Bonjour, merci beaucoup!!
      Pour remplacer la suedine ou la micropolaire, vous pouvez éventuellement remplacer par de la flanelle ou de l’AWJ (Athletic Wicking Jersey – une sorte de tissu mesh technique, que l’on trouve plutot au canada).
      La flanelle l’été, je pense pas ça top, et je ne suis pas convaincue pour un effet au sec (j’ai fait un petit test avec de l’eau, et meme si l’eau passe mieux qu’avec de la suedine, le tissu reste bien mouillé).
      l’AWJ, je n’en ai pas trouvé en france, mais ca a l’air d’être vraiment la meilleur option…
      Eventuellement juste un coton classique, mais moins d’effet au sec je pense…
      Si vous trouvez ma réponse pas assez complète, je vous conseille de regarder du coté de la composition des couches lavables, c’est à partir de mes recherches sur ce sujet que j’ai basé la composition de mon insert menstruel. 😉

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